Test carence minéraux et oligo-éléments : sélénium, cuivre, chrome, phosphore, kits et analyses de cheveux

Après le fer, le magnésium et le zinc, il reste une dizaine de minéraux et d’oligo-éléments dont on parle peu et qu’on teste rarement : sélénium, cuivre, chrome, manganèse, molybdène, fluor, et ceux dont on manque plutôt rarement, comme le phosphore. Voici mon guide du test de carence en minéraux et oligo-éléments : pour chacun, les signes, l’analyse disponible, les valeurs, le prix, les besoins et les aliments, avec un mot sur les kits « minéraux » à domicile et les analyses de cheveux.

En résumé : les 3 minéraux vraiment fréquents en carence en France (fer, magnésium, iode) ont leur page. Pour les autres, les carences sont rares et concernent des situations précises : végétaliens (zinc, sélénium), nutrition parentérale, chirurgie bariatrique, maladies digestives, ou excès d’un minéral qui en chasse un autre (le zinc à forte dose fait baisser le cuivre). Les dosages coûtent 15 € à 40 € chacun, rarement remboursés hors indication. Les analyses de cheveux ne sont pas validées pour diagnostiquer une carence.
Avant de lire
Je ne suis ni médecin ni diététicienne : je partage mes recherches et mon expérience pour vous aider à comprendre les analyses et à en parler avec un professionnel. Les valeurs de référence indiquées sont celles couramment utilisées en France, elles varient légèrement selon les laboratoires. Une fatigue persistante ou des symptômes marqués justifient une consultation, pas une auto-supplémentation.

Le tableau complet des minéraux et oligo-éléments

ÉlémentRôleSignes de carenceAnalyseValeurs normalesPrix, remboursementBesoins (adulte)
FerHémoglobine, énergieFatigue, pâleur, chute de cheveuxFerritinePlus de 30 µg/L8 €, remboursée11 à 16 mg
MagnésiumMuscles, nerfs, stressCrampes, paupière, nervositéMagnésémie, Mg érythrocytaire0,75 à 0,95 mmol/L5 € à 25 €300 à 380 mg
ZincImmunité, peau, goûtInfections, ongles, cicatrisationZincémie12 à 18 µmol/L15 € à 20 €, remboursée7,5 à 14 mg
IodeThyroïdeGoitre, fatigue, frilositéIodurie, TSH100 à 199 µg/L20 € à 30 €150 µg
CalciumOsOstéoporose (silencieuse)Calcémie (peu utile), DXA2,2 à 2,6 mmol/L5 €, remboursée950 mg
PotassiumCœur, musclesFaiblesse, crampes, palpitationsKaliémie3,5 à 5 mmol/L5 €, remboursée3 500 mg
SodiumEau, nerfsNausées, confusionNatrémie135 à 145 mmol/L5 €, remboursée500 mg minimum
SéléniumAntioxydant, thyroïde, immunitéFatigue, ongles et cheveux fragiles, hypothyroïdie, cardiomyopathie (carence sévère)Sélénium plasmatique70 à 150 µg/L25 € à 40 €, sur prescription70 µg
CuivreFer, collagène, nerfsAnémie résistante au fer, neutropénie, neuropathie, cheveux décolorésCuprémie, céruléoplasmineCuivre : 70 à 140 µg/dL ; céruléoplasmine : 0,2 à 0,6 g/L20 € à 30 €, sur prescription1,3 à 1,6 mg
ChromeMétabolisme du glucoseIntolérance au glucose (rare, nutrition parentérale)Chrome plasmatique (peu fiable)Selon le laboratoireRare25 à 35 µg
ManganèseOs, enzymesExceptionnelleManganèse sanguinSelon le laboratoireRare2,5 à 3 mg
MolybdèneEnzymesExceptionnelleAucune courante65 µg
PhosphoreOs, énergieFaiblesse, douleurs osseuses (dénutrition, alcool, antiacides)Phosphorémie0,8 à 1,45 mmol/L5 €, remboursée550 mg
FluorDentsCaries (pas une vraie carence)AucuneSelon l’eau et le dentifrice

Sélénium : la carence des sols pauvres et des régimes végétaliens

Le sélénium est un antioxydant (glutathion peroxydase) indispensable à la thyroïde. Les sols européens en sont relativement pauvres ; les apports français sont dans la fourchette basse. Les végétaliens, les personnes dialysées ou en nutrition parentérale et les patients atteints de maladies digestives sont les plus exposés. Une seule noix du Brésil par jour couvre les besoins (70 à 90 µg par noix), mais pas plus de 2 à 3 : au-delà de 300 µg par jour, le sélénium devient toxique (sélénose : perte de cheveux, ongles cassants, haleine d’ail).

AlimentTeneur pour 100 gPart des besoins (70 µg)
Noix du Brésil1 900 µg (très variable)1 noix = 100 % ; ne pas dépasser 2 par jour
Thon, sardines, maquereau60 à 90 µg100 g = 100 %
Huîtres, crevettes40 à 70 µg100 g = 60 % à 100 %
Rognons, foie100 à 150 µg100 g = 150 %
Œuf15 à 20 µg2 œufs = 50 %
Viande (porc, bœuf, volaille)20 à 40 µg150 g = 50 % à 80 %
Lentilles, pain complet5 à 15 µgUne portion = 10 % à 20 %
Champignons (shiitaké)10 à 25 µg100 g = 25 %

Cuivre : la carence provoquée par l’excès de zinc

La carence en cuivre est rare et presque toujours secondaire : supplémentation en zinc prolongée (plus de 40 mg par jour), chirurgie bariatrique, maladie cœliaque, nutrition parentérale, ou usage de crèmes dentaires au zinc en grande quantité. Elle donne une anémie qui ne répond pas au fer, une baisse des globules blancs et, tardivement, une neuropathie proche de celle de la B12. Le diagnostic repose sur la cuprémie et la céruléoplasmine (20 € à 30 €). À l’inverse, l’excès de cuivre (maladie de Wilson) est génétique et se dépiste par la céruléoplasmine basse et le cuivre urinaire élevé.

Aliment riche en cuivreTeneur pour 100 gPart des besoins (1,5 mg)
Foie de veau10 à 15 mgUne portion = 700 %
Huîtres2 à 8 mg6 huîtres = 100 % à 300 %
Cacao, chocolat noir2 à 4 mg2 carrés = 30 %
Noix de cajou, noisettes1,5 à 2 mgUne poignée = 40 %
Graines de tournesol, sésame1,5 à 2 mg2 cuillères à soupe = 25 %
Lentilles, pois chiches0,3 à 0,5 mgUne assiette = 40 % à 60 %
Champignons0,3 à 0,5 mg100 g = 25 %

Chrome, manganèse, molybdène, phosphore : les carences exceptionnelles

ÉlémentQuand une carence est possibleCe qu’il faut savoir
ChromeNutrition parentérale prolongée uniquementLes compléments de chrome « pour le sucre » n’ont pas de preuve d’efficacité chez les personnes non carencées ; le dosage sanguin est peu fiable
ManganèseQuasi jamaisLe risque est plutôt l’excès (eau de puits, soudeurs)
MolybdèneErreur génétique rare, nutrition parentéraleAucun dosage courant
PhosphoreDénutrition sévère, alcoolisme, antiacides à l’aluminium, réalimentation après jeûne (syndrome de renutrition)Phosphorémie remboursée ; les apports alimentaires sont largement excédentaires en France
FluorPas une carence au sens strictLa prévention des caries passe par le dentifrice fluoré, pas par des compléments sauf avis du dentiste

Kits « minéraux » à domicile et analyses de cheveux : ce qu’ils valent

TestCe qu’il mesureFiabilitéPrix
Kit minéraux à domicile (Cerascreen : magnésium, zinc, sélénium)Sang capillaire séché envoyé au laboratoireCorrecte pour le zinc et le sélénium, limitée pour le magnésium (sérique)Environ 80 €
Kit sélénium seul (Easly, laboratoires en ligne)Sang capillaireCorrecteEnviron 35 € à 50 €
Bilan « oligo-éléments » en laboratoire sans ordonnanceZinc, sélénium, cuivre plasmatiquesBonneEnviron 60 € à 90 € pour les 3
Analyse minérale des cheveux (« bilan capillaire »)Minéraux et métaux dans une mècheNon validée pour les carences : influencée par les shampoings, colorations, pollution ; utile seulement pour certaines intoxications50 € à 150 €
Bioimpédance, « scanners » de minéraux en magasinRien de mesurableAucune valeurVariable

Quand demander un bilan des oligo-éléments ?

SituationÉléments à doserCoût sans ordonnance
Végétalien depuis plus de 2 ansZinc, sélénium, iode (iodurie), fer, B12Environ 80 € à 100 €
Chirurgie bariatriqueZinc, cuivre, sélénium, fer, calcium, vitaminesSuivi remboursé
Anémie ne répondant pas au ferCuivre, céruléoplasmine, B12, folatesRemboursé sur prescription
Supplémentation en zinc de plus de 3 moisCuivreEnviron 25 €
Maladie digestive chroniqueZinc, sélénium, magnésium, ferRemboursé sur prescription
Chute de cheveux inexpliquéeFerritine, zinc, TSH, vitamine D ; sélénium en 2e intentionEnviron 50 €
Curiosité, prévention chez une personne en bonne santéRien de systématique : une alimentation variée suffit0 €

Et la génétique ?

Les tests ADN santé (tellmeGen, 24Genetics) rapportent quelques variants liés au métabolisme des minéraux : HFE (surcharge en fer), ATP7B (maladie de Wilson, cuivre), SLC30A8 (zinc), SEPP1 (sélénium). L’hémochromatose est le seul cas où un test génétique change vraiment la prise en charge. Mon guide test ADN santé explique lesquels valent le coup.

Questions fréquentes sur les tests de minéraux

Comment savoir si on a une carence en minéraux ?

Par un dosage sanguin ciblé selon les signes et le profil : ferritine pour le fer, magnésium érythrocytaire, zincémie, sélénium plasmatique, iodurie. Il n’existe pas de test unique pour tous les minéraux.

Le bilan des oligo-éléments est-il remboursé ?

La ferritine, le magnésium, le zinc, le calcium, le potassium, le sodium et le phosphore sont remboursés sur ordonnance. Le sélénium, le cuivre et le chrome le sont rarement, hors indication précise.

L’analyse de cheveux est-elle fiable pour les carences ?

Non : elle n’est validée pour aucune carence nutritionnelle. Elle est parfois utile pour rechercher une intoxication (mercure, arsenic).

Quel est le minéral dont on manque le plus ?

Le fer chez les femmes, le magnésium dans la population générale, l’iode chez les femmes enceintes et les personnes qui ne consomment ni produits de la mer ni laitages.

Peut-on prendre un complément multi-minéraux sans test ?

À doses modérées, oui, mais un complément ne corrige pas une vraie carence et l’excès de certains minéraux (zinc, sélénium, fer) est toxique.

La noix du Brésil est-elle dangereuse ?

Non à raison de 1 à 2 par jour ; au-delà, l’apport en sélénium peut dépasser la limite de sécurité (300 µg par jour).

Sources

  • ANSES, Références nutritionnelles en vitamines et minéraux (2021)
  • Vidal, Oligo-éléments : sélénium, cuivre, zinc
  • EFSA, Dietary reference values for selenium, copper, manganese, molybdenum
  • Société française de nutrition clinique et métabolisme, Suivi après chirurgie bariatrique
  • HAS, Analyses de cheveux : absence de validation pour le diagnostic nutritionnel
Maria

Maria Becerra

Je m'appelle Maria et je suis passionnée de généalogie depuis maintenant 10 ans. Je vous propose donc de découvrir les différentes facettes de cette science, à travers les tests ADN, qui vous permettra de renouer avec vos racines et votre histoire familiale.