Construire son arbre généalogique avec l’ADN : ma méthode complète en 5 étapes (2026)

Mon arbre généalogique a commencé sur un cahier, avec les 4 grands-parents et 2 ou 3 anecdotes. 10 ans plus tard, il compte 1 400 personnes, et près de 200 d’entre elles n’auraient jamais été retrouvées sans l’ADN : une branche béarnaise dont personne ne parlait, des cousins au Québec, une adoption au XIXe siècle. Voici ma méthode complète pour construire un arbre généalogique avec l’ADN, en combinant les archives, les sites en ligne et les tests, avec les outils gratuits, les prix et les pièges.

En bref : l’ADN ne construit pas un arbre, il le vérifie et le débloque. La méthode qui marche : 1) les archives et Geneanet (gratuits) pour bâtir la base, 2) un test ADN pour obtenir des cousins génétiques, 3) le croisement des arbres des cousins avec le vôtre. Pour la France, testez chez Quick DNA pour vos origines ; pour importer vos données dans les outils d’arbre (MyHeritage, Geneanet, GEDmatch), choisissez un test qui fournit les données brutes (tellmeGen, 24Genetics).

Ce que l’ADN peut (et ne peut pas) faire pour votre arbre

Ce que l’ADN fait très bienCe que l’ADN ne fait pas
Confirmer ou infirmer une filiation (paternité, fratrie, grands-parents)Donner des noms et des dates : seuls les actes le font
Trouver des cousins génétiques inconnus, avec leur arbreRemonter au-delà de 5 à 6 générations avec un test autosomal
Débloquer une branche (adoption, enfant naturel, changement de nom)Distinguer 2 cousins du même degré sans généalogie
Vérifier l’origine d’un nom via la lignée paternelle (Y-ADN)Prouver une descendance d’un personnage historique
Situer géographiquement une branche (origines régionales)Remplacer la recherche documentaire

Étape 1 : bâtir la base de l’arbre avec les archives (gratuit)

Avant tout test, il faut un arbre à confronter à l’ADN. La France a la chance d’avoir des archives exceptionnelles et gratuites en ligne : l’état civil depuis 1792, les registres paroissiaux avant, les recensements de 1836 à 1936, les registres matricules militaires, le cadastre. En 2 ou 3 soirées, on remonte généralement 4 générations ; en quelques mois, on atteint le XVIIe siècle sur la plupart des branches.

SourceCe que vous y trouvezCoût
Archives départementales en ligneÉtat civil, registres paroissiaux, recensements, matriculesSite de chaque départementGratuit
GeneanetArbres partagés, relevés collaboratifs, cimetièresgeneanet.orgGratuit (Premium environ 50 €/an)
FilaeÉtat civil et recensements indexés par nomfilae.comPremium environ 90 €/an
FamilySearchIndex mondiaux, arbresfamilysearch.orgGratuit
Mémoire des hommesSoldats morts pour la France, registres militairesmemoiredeshommes.sga.defense.gouv.frGratuit
Archives nationales (Léonore, naturalisations)Légion d’honneur, dossiers de naturalisationSites des Archives nationalesGratuit

Mon avis sur Geneanet et mon avis sur Filae détaillent ce que chaque site offre, et mon comparatif des logiciels de généalogie vous aide à choisir où saisir votre arbre.

Étape 2 : choisir le bon test ADN pour la généalogie

Pour un arbre, ce qui compte n’est pas seulement la carte des origines mais la liste des correspondances (les personnes qui partagent de l’ADN avec vous) et la possibilité de relier ces correspondances à des arbres. Voici comment je classe les tests pour cet usage précis.

TestBase de correspondancesOutils d’arbreDonnées brutes exportablesLivraison en FrancePrixMon avis pour la généalogie
MyHeritage DNATrès grande, la plus européenneSmart Matches, Théorie de la parenté, arbre✔ Oui✖ Non89 € + abonnementLe meilleur, si vous pouvez vous faire livrer hors de France
AncestryDNALa plus grande (anglophone)ThruLines, archives✔ Oui✖ Non99 € + abonnementPour les branches parties en Amérique ou au Royaume-Uni
tellmeGenModesteAucun✔ Oui✔ Oui129 € à 199 €Le bon compromis livré en France : données brutes à importer sur MyHeritage, Geneanet et GEDmatch
24GeneticsAucuneAucun✔ Oui✔ Oui149 € à 399 €Idem, avec des rapports santé
Quick DNAQuickConnect (17 millions de profils)Aucun✖ Non✔ Oui119,88 €Excellent pour les origines et la paternité, mais pas de fichier brut à importer
FamilyTreeDNAGrande, projets de patronymesArbre basique, projets✔ Oui✖ Non79 $ à 449 $Pour les lignées et les patronymes
iGENEABase FTDNAAucun✖ Non✔ Oui179 € à 1 299 €Pour les lignées, en français, livré en France
Ma recommandation selon votre situation
  • Vous vivez en France et voulez surtout vos origines : Quick DNA (119,88 €, 72 h).
  • Vous vivez en France et voulez croiser l’ADN avec votre arbre : tellmeGen ou 24Genetics, puis import gratuit des données brutes sur MyHeritage, Geneanet et GEDmatch.
  • Vous pouvez vous faire livrer en Belgique ou en Suisse : MyHeritage directement.
  • Vous travaillez un nom de famille ou une lignée : iGENEA (Y-ADN), ou FamilyTreeDNA via import.

Étape 3 : lire ses correspondances ADN

Le cœur de la généalogie génétique, c’est la liste des correspondances : des personnes avec qui vous partagez des segments d’ADN, mesurés en centimorgans (cM). Plus le total est élevé, plus le lien est proche. Voici la grille que j’utilise, dérivée du « Shared cM Project » de Blaine Bettinger, la référence des généalogistes.

ADN partagéLien de parenté probableAncêtre communCe que je fais
3 300 cM et plusParent ou enfantAucun (lien direct)Rien à chercher
2 200 à 3 300 cMFrère ou sœurParentsConfirmer la fratrie
1 300 à 2 200 cMGrand-parent, oncle, tante, demi-frèreGrands-parentsVérifier la branche
500 à 1 300 cMCousin germain, arrière-grand-parentGrands-parents ou arrière-grands-parentsComparer les 4 branches
200 à 500 cMCousin issu de germain, petit-cousinArrière-grands-parentsChercher un couple commun au XIXe siècle
90 à 200 cMCousin au 3e degréArrière-arrière-grands-parentsComparer les arbres, souvent un couple commun vers 1800-1850
20 à 90 cMCousin au 4e ou 5e degréXVIIIe siècleIndice, à trianguler avec d’autres cousins
Moins de 20 cMParenté lointaine ou hasardInconnuIgnorer sauf triangulation

Étape 4 : croiser les arbres et trianguler

Une correspondance n’a de valeur que si vous trouvez l’ancêtre commun. La méthode : ouvrir l’arbre de la correspondance (sur MyHeritage, Ancestry ou Geneanet), chercher un nom ou un lieu commun avec votre arbre, et vérifier dans les archives que les 2 branches se rejoignent bien. Quand 3 personnes partagent le même segment d’ADN (triangulation, disponible sur GEDmatch et MyHeritage), l’ancêtre commun est quasi certain. C’est ainsi que j’ai retrouvé la branche béarnaise : 3 cousins au 3e degré, tous avec un couple marié à Oloron en 1832 dans leur arbre.

  1. Triez vos correspondances par ADN partagé et commencez par celles au-dessus de 90 cM.
  2. Contactez-les avec un message court et précis (nom, lieu, période de vos ancêtres) ; environ 1 personne sur 4 répond.
  3. Utilisez les outils automatiques : Smart Matches et Théorie de la parenté (MyHeritage), ThruLines (Ancestry), correspondances liées aux arbres (Geneanet).
  4. Triangulez sur GEDmatch (Tier 1) ou avec le navigateur de chromosomes de MyHeritage.
  5. Ne validez une branche qu’avec un acte : l’ADN indique, l’archive prouve.

Mon guide de GEDmatch détaille la triangulation, et mon guide pour interpréter vos résultats de test ADN explique chaque section d’un rapport.

Étape 5 : tester les bonnes personnes

Le meilleur investissement n’est pas toujours votre propre test. Chaque génération divise par 2 l’ADN hérité d’un ancêtre : tester votre mère ou votre grand-père remonte 1 ou 2 générations plus haut pour le même prix et multiplie les correspondances utiles.

Personne testéeADN d’un ancêtre du XVIIIe siècle conservéIntérêt
VousEnviron 3 % (arrière-arrière-arrière-grand-parent)Base
Un parentEnviron 6 %2 fois plus de correspondances utiles sur sa branche
Un grand-parentEnviron 12 %Le meilleur investissement possible
Un oncle ou une tanteEnviron 6 %Utile si le parent est décédé
Un cousin germainEnviron 3 %Pour trianguler

Les pièges classiques de la généalogie génétique

  • Prendre une correspondance à 15 cM pour un cousin : en dessous de 20 cM, le hasard est fréquent.
  • Copier l’arbre d’un cousin sans vérifier les actes : les arbres en ligne contiennent des erreurs qui se propagent.
  • Oublier les « événements non parentaux » : adoptions, enfants naturels, erreurs de filiation représentent 1 % à 2 % des naissances par génération, et l’ADN les révèle.
  • Se fier aux pourcentages d’origines pour bâtir une branche : ce sont des estimations, pas des preuves.
  • Tester chez un laboratoire qui ne fournit pas les données brutes quand on veut importer ailleurs.

Combien coûte un arbre généalogique avec l’ADN ?

PosteCoûtCommentaire
Archives départementales0 €L’essentiel du travail
Geneanet gratuit0 €Arbre et recherches de base
Geneanet Premium (1 à 2 mois par an)5 € à 10 €Recherches avancées quand une branche bloque
Logiciel installé (Heredis)Environ 60 € une foisFacultatif mais confortable
1 test ADN119,88 € (Quick DNA) à 199 € (tellmeGen)Le seul vrai investissement
Import sur GEDmatch, MyHeritage, Geneanet0 €Avec un test qui fournit les données brutes
GEDmatch Tier 1 (1 mois)Environ 15 $Pour trianguler
Total réaliste la 1re année150 € à 300 €Pour un arbre sérieux et vérifié

Le détail des prix des tests est sur ma page prix des tests ADN, et les astuces d’import gratuit dans mon article sur le test ADN origine gratuit.

Questions fréquentes sur l’arbre généalogique et l’ADN

Un test ADN peut-il construire mon arbre généalogique ?

Non, il le complète : il fournit des cousins génétiques et vérifie des filiations, mais les noms, dates et lieux viennent des archives. La méthode gagnante combine les 2.

Quel test ADN pour la généalogie ?

MyHeritage pour ses outils d’arbre et sa base européenne (hors France), tellmeGen ou 24Genetics pour un test livré en France avec données brutes à importer, Quick DNA pour les origines et la paternité.

Combien de générations un test ADN permet-il de remonter ?

5 à 6 générations avec un test autosomal (cousins jusqu’au 5e ou 6e degré), des milliers d’années sur une seule lignée avec un test Y-ADN ou ADNmt.

Que signifie un cousin à 120 cM ?

Un cousin au 3e degré environ, avec un ancêtre commun vers 1800-1850. Comparez vos arbres sur cette période.

Faut-il tester ses parents ou soi-même ?

Ses parents ou grands-parents si possible : chaque génération plus haut double l’ADN conservé des ancêtres anciens et multiplie les correspondances utiles.

Comment importer mes données ADN sur Geneanet ou MyHeritage ?

Téléchargez le fichier de données brutes depuis le laboratoire (tellmeGen, 24Genetics, MyHeritage, Ancestry, 23andMe, FTDNA), puis utilisez la fonction « importer mes données ADN » du site. C’est gratuit.

Maria

Maria Becerra

Je m'appelle Maria et je suis passionnée de généalogie depuis maintenant 10 ans. Je vous propose donc de découvrir les différentes facettes de cette science, à travers les tests ADN, qui vous permettra de renouer avec vos racines et votre histoire familiale.